La nouvelle vague du tableau de bord politique Paris Match – Ifop permet de tirer au moins trois enseignements de l’état de l’opinion en cette rentrée :
– On observe d’abord, une remontée de la cote d’approbation du Président de la République (+3 points en deux mois, à 38%) tandis que celle de son Premier ministre reste très stable (à 53%). Permettant à Nicolas Sarkozy de bénéficier de son meilleur score de popularité depuis les élections régionales du mois de mars, cette remontée tient essentiellement à une remobilisation du cœur de cible de son électorat, à savoir les personnes âgées (+11 points chez les personnes âgées de 65 ans et plus) et les travailleurs indépendants (+5 points chez les artisans, commerçants et chefs d’entreprise). Le « tournant » sécuritaire initié depuis le discours présidentiel de Grenoble ne semble pas étranger à cette remobilisation de son électorat. En effet, testée pour la première fois dans le tableau de bord politique, l’efficacité de l’action du chef de l’Etat en matière de lutte contre l’insécurité est saluée par un Français sur deux (49%) et par plus de deux séniors sur trois : 69% des personnes âgées de 65 ans et plus jugent efficace la politique conduite sur ce sujet. Pour autant, la désapprobation de l’action du chef de l’état reste un phénomène largement majoritaire (64% en moyenne chez l’ensemble des Français), y compris dans certaines catégories – pourtant sensibles au discours sécuritaire – comme les ouvriers (75%) et les employés (71%). C’est l’insuffisance perçue de l’action du Président en matière de politique sociale qui « leste » sa popularité au sein des catégories populaires.
– En dépit de l’unité affichée par les leaders socialistes lors de l’Université d’été de la Rochelle, la crédibilité de l’opposition reste stable : seuls 39% des Français estiment qu’elle ferait mieux que le gouvernement actuel. Il existe donc encore un fort scepticisme à l’égard de l’opposition, y compris chez les sympathisants de gauche où l’on note qu’une fraction non négligeable (43%) ne croit pas qu’elle ferait mieux que le gouvernement actuel.
– Enfin, au-delà du trio de conversations qui émerge en tête – la polémique autour des renvois de Roms dans leur pays d’origine (74%), la rentrée scolaire (73%) et la journée de mobilisation contre le projet de loi de réforme des retraites (62%) –, il est aussi intéressant d’observer les sujets peu abordés par les Français, à savoir le remaniement ministériel prévu en octobre (18% en septembre ; contre 19% au mois de juillet), la baisse du chômage (30%) et surtout l’affaire Woerth-Bettencourt : à peine une personne sur deux (49%) en a parlé cette semaine en dépit d’une exposition médiatique très intense depuis 2 mois.
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